"Le crottin est au cheval ce que la lumière du ciel est à la paille"

(Frédéric Dion dit Homéric).

 

"le cheval est ton miroir. Il ne te flatte jamais. Il reflète ton tempérament. Il reflète même ses vacillations. Ne te fâche jamais contre ton cheval, tu pourrais aussi bien te facher contre ton miroir."

(Traduction du commandant E. Dupont (1949). Cité par Diogo de Bragance dans l'équitation de tradition française Editions Belin, 2005)

 

"Celui qui n'est pas en harmonie avec lui-même est un cavalier à l'ouïe défaillante, et à l'expression brouillée."

Bernard Chiris

 

"Toute la force du cheval est dans sa croupe"

Michel Tournier

 

"Le cheval a la perception comme il a la sensation, la comparaison et le souvenir. Il a donc le jugement et la mémoire. Il a donc l'intelligence!"
François Baucher

« L’homme entouré d’éléments qui conjuraient sa ruine, d’animaux dont la vitesse et la force dépassaient les siennes, l’homme eut été esclave sur la terre ; le cheval l’en a fait roi »
 E.Houël, Histoire du cheval chez tous les peuples de la
terre, Bureau du Journal des Haras, Paris, 1848, spéc. p.5

cité dans la thèse de doctorat p.12 LE STATUT JURIDIQUE DU CHEVAL Olivier Traver

 

À peine on venait de sortir

 

Tout à coup il est mort

 

Il a voulu sauter

 

Et il est mort.

 

Moi j’allais devant

 

Je ne pouvais rien voir

 

Puis Gustave m’a rejoint.

 

« Et ton cheval ? » fis-je étonné.

 

« Voilà - il explique – il voulut sauter

 

« Et tout d’un coup il est mort.

 

« Je n’ai eu que le temps de me dégager. »

 

Ah !…

 

Cependant on est pressé ; nous sommes attendus à l’étape.

 

Il faut galoper, on arrive, voici le camion.

 

Il faut repartir tout de suite.

 

Gustave est embarrassé. Ce n’a pas été sa faute.

 

Le cheval frémit d’abord. Tout aussitôt il tomba.

 

Nous assis à l’arrière, les jambes ballantes, en dehors

 

Le chemin prend de la hauteur.

 

« Voyez cette tache, c’est lui

 

Là : il est mort à la croix des deux chemins. »

 

Le chemin prend de la hauteur.

 

Cependant un grand nuage descend vers la vallée,

 

Descend, est déjà sous nous,

 

Tout de suite se met au travail, avec tact,

 

Mais grandement,

 

Ensevelit le cheval mort,

 

Sous des hectares de blancheur, en hauteur comme en largeur

 

Et avec lui tous les chevaux encore vivants,

 

Les poulains, les bœufs et les moutons de toutes races

 

Et l’hacienda jusqu’à ses bains et sa réserve d’eau de vie.

 

Nous avons franchi un col,

 

Nous nous éloignons de plus en plus,

 

C’est de l’autre côté, par là, que le cheval est mort.

 

Gustave ne sait pas s’il est mort les yeux ouverts ou fermés

 

Entr’ouverts, croit-il.

 

Troisième étape, et encore se presser, le train va partir.

 

Alors Gustave… un grancaballito, dit-il, et c’est tout.

 

(Ce qui dit à la fois un cheval de race, et un sacré bon petit

 

cheval, et l’affection qu’il avait pour lui).

 

C’est bien ça, pense chacun, et beaucoup plus, mais com-

 

ment s’exprimer convenablement sur un cheval ?)

 

Cheval couleur de blé, au panache de lait et de vent,

 

Cheval, jamais tranquille, à la tête piochante de perpétuelle

 

dénégation,

 

De  protestations,  de  refus  d’obéissance,  réitérées-malgré-

 

tout-voilà,

 

D’intentions de violence toutes prochaines non-dissimulées-

 

on-verra-bien,

 

À l’affût activement du mystère de l’air,

 

À la tête nageante dans celui-ci, trop léger pour le soutenir,

 

Constamment trahi par lui, nageant toujours.

 

Avec un aspect de courage si émouvant, tellement inutile.

 

Toi que même les autres chevaux

 

N’approchaient qu’avec un certain air.

 

Un grancaballito, voilà, et il est mort.

 

Henri Michaux (Ecuador)

 

Mort d'un cheval Henri Michaux